Présages funèbres

24 août 2010

Dans les Vosges, si des enfants, en jouant, s’amusent à tracer des croix sur le sable de la cour ou sur les portes, il y aura bientôt un mort, soit dans la maison, soit dans le voisinage.

Un chien qui fait entendre de longs et plaintifs gémissements pendant la nuit, près d’une maison, hurle la mort.

Une pie qui se perche sur une maison ou sur un arbre voisin d’une habitation, annonce qu’une personne de cette maison mourra prochainement.

Quand l’horloge de la paroisse sonne pendant l’office, entre les deux évangiles, signe de mort.

Quand un malade veut changer de lit, c’est un signe certain que la mort le tourmente.

Quand une cloche tinte toute seule, c’est un présage de mort.

Si l’on entend frapper trois coups dans une maison où se trouve un malade, on peut être certain que sa dernière heure va bientôt sonner.

En Bretagne, quand on ferme les yeux d’un mort, si l’oeil gauche vient à se rouvrir, c’est un signe certain qu’un de ses proches le suivra bientôt dans la tombe.

Dans le Morvan, si un avare, dans un moment d’oubli, se laisse aller à un accès de générosité, on peut être certain qu’il mourra bientôt. C’est ce que les bonnes femmes expriment d’une façon pittoresque en disant que « la mort le mène ».

Il y a une année pendant laquelle les humains sont surtout exposés à la mort, c’est la soixante-troisième de leur Age : Les Romains l’appelaient l’année climatérique.

« Prie les dieux pour moi, écrit Auguste à son neveu Caius, car j’entre dans l’année redoutable, la soixante-troisième de mon âge; l’année climatérique. »

Cette superstition relative à la soixante-troisième année remonte à Pythagore. Selon les idées de ce philosophe, notre tempérament éprouve tous les sept ans une révolution complète ; quelques uns disent même qu’il se renouvelle entièrement ; d’autres prétendent que ce renouvellement n’a lieu que tous les neuf ans : aussi les années climatériques se comptent-elles par sept et par neuf.

Quarante-neuf et quatre-vingt-un sont très importantes, disent les partisans de cette doctrine; mais soixante-trois est l’année la plus fatale, parce que c’est la multiplication de sept par neuf.

Les dents de l’enfance tombent à sept ans, la puberté se manifeste à quatorze, la croissance cesse à vingt et un, la dent de sagesse se montre vers la vingt-huitième année.

Le nombre sept est donc bien un nombre cabalistique.

Si un malade entend le bruit réel ou imaginaire d’une brouette, c’est signe que la mort est prochaine.

Le soir du mariage, celui des deux époux qui cède le premier au sommeil est aussi celui qui le premier descendra dans le tombeau.

Quand une porte s’ouvre seule, c’est signe de mort prochaine pour l’un des habitants de la maison.

Dans l’Inde, pour retrouver le cadavre d’un noyé, on prend un pain bénit dans lequel on pique une chandelle allumée, également bénite, puis on dépose le tout dans l’eau : si le pain ne s’arrête pas à l’endroit où se trouve le corps du noyé, la chandelle s’éteindra, et il ne restera plus qu’à fouiller le lit du cours d’eau à cet endroit.

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