La lumière
La lumière est l’agent efficient des formes et de la vie, parce qu’elle est en même temps mouvement et chaleur. Lorsqu’elle parvient à se fixer et à se polariser autour d’un centre, elle produit un être vivant, puis elle attire pour le perfectionner et le conserver toute la substance plastique nécessaire. Cette substance plastique formée en dernière analyse de terre et d’eau, a été avec raison appelée dans la Bible le limon de la terre.
Mais la lumière n’est point l’esprit, comme le croient les hiérophantes indiens, et toutes les écoles de goétie; elle est seulement l’instrument de l’esprit. Elle n’est point le corps du protoplastes, comme le faisaient entendre les théurgistes de l’école d’Alexandrie; elle est la première manifestation physique du souffle divin. Dieu la crée éternellement, et l’homme, à l’image de Dieu, la modifie et semble la multiplier.
Prométhée, dit la fable, ayant dérobé le feu du ciel, anima des images faites de terre et d’eau, et c’est pour ce crime qu’il fut enchaîné et foudroyé par Jupiter.
Les esprits élémentaires, disent les kabbalistes dans leurs livres les plus secrets, sont les enfants de la solitude d’Adam; ils sont nés de ses rêves, lorsqu’il aspirait à la femme que Dieu ne lui avait pas donnée encore.
Paracelse dit que le sang perdu, soit régulièrement, soit en rêve, par les célibataires des deux sexes, peuple l’air de fantômes.
Nous croyons indiquer assez clairement ici, d’après les maîtres, l’origine supposée de ces larves sans qu’il soit besoin de nous expliquer davantage.
Ces larves ont donc un corps aérien formé de la vapeur du sang. C’est pour cela qu’elles cherchent le sang répandu et se nourrissaient autrefois de la fumée des sacrifices.
Ce sont les enfants monstrueux de ces cauchemars impurs qu’on appelait autrefois les incubes et les succubes.
Lorsqu’ils sont assez condensés pour être vus, ce n’est qu’une vapeur colorée par le reflet d’une image; ils n’ont pas de vie propre, mais ils imitent la vie de celui qui les évoque comme l’ombre imite le corps.
Ils se produisent surtout autour des idiots et des êtres sans moralité que leur isolement abandonne à des habitudes déréglées.
La cohésion des parties de leur corps fantastique étant très faible, ils craignent le grand air, le grand feu et surtout la pointe des épées.
Ils deviennent en quelque sorte des appendices vaporeux du corps réel de leurs parents, puisqu’ils ne vivent que de la vie de ceux qui les ont créés ou qui se les approprient en les évoquant. En sorte que si on blesse leurs apparences de corps, le père peut être réellement blessé, comme l’enfant non encore né est réellement blessé ou défiguré par les imaginations de sa mère.
Le monde entier est plein de phénomènes qui justifient ces révélations singulières et ne peuvent s’expliquer que par elles.
Ces larves attirent à elles la chaleur vitale des personnes bien portantes, et épuisent rapidement celles qui sont faibles.
De là sont venues les histoires de vampires, histoires affreusement réelles et périodiquement constatées comme chacun sait.
C’est pour cela qu’à l’approche des médiums, c’est-à-dire des personnes obsédées par les larves, on sent un refroidissement dans l’atmosphère.
Ces larves ne devant l’existence qu’aux mensonges de l’imagination exaltée et au dérèglement des sens, ne se produisent jamais en présence d’une personne qui sait et qui peut dévoiler le mystère de leur monstrueuse naissance.